Le rassemblement de la diaspora ecclésiale russe en Europe Occidentale comme pas vers la création de l’Eglise Locale
Paris - 6 et 7 mai
Les 6 et 7 mai derniers a eu lieu à Sainte-Geneviève des Bois (Essonne – France) une rencontre des représentants de l'émigration d'Eglise russe. Le thème directeur de cette rencontre était «Sur le chemin de l'unité». Le site du diocèse de Chersonèse publie l’exposé présenté lors de cette rencontre par SEm l’archevêque de Chersonèse Innocent. Nous reproduisons cet exposé ci-dessous.
EXPOSÉ DE SON EMMINENCE, MONSEIGNEUR INNOKENTI, ARCHEVEQUE DE CHERSONESE
« Le rassemblement de la diaspora ecclésiale russe en Europe Occidentale comme pas vers la création de l’Eglise Locale »
Le Christ est Ressuscité !
Je suis heureux du fond du cœur de tous vous saluer, chers Pères, Frères et Sœurs qui vous êtes rassemblés ici, dans la Maison Russe, en ces jours lumineux de Pâques, pour étudier les questions actuelles de l’organisation de la vie de l’Eglise Orthodoxe en France, et plus largement en Europe Occidentale.
Deux ans, quasiment jour pour jour après l'envoi de la missive patriarcale de Sa Sainteté Alexis II et un an a près la création de l'OLTR, voici en substance, ce qui peut ressortir de la troisième table ronde : Les contours de la
métropole s’éclairent! Enfin ! comme l'avait dit SEm le métropolite Antoine de Souroge.
Un projet de statuts d’ une métropole regroupant les paroisses de tradition russe en Europe occidentale telle que
proposée par le patriarche de Moscou le 1 e r avril 2003 existe. Cette troisième édition du bulletin de l'OLTR consacre une majorité de ses articles aux exposés et aux discussions qui ont eu lieu le 6 mars dernier. La présence bien plus importante que lors des précédentes table rondes de membres du clergé, toutes juridictions c onfondues, démontrent l'intérêt de ces derniers au projet de statuts initié par l'archevêque Serge de bienheureuse mémoire avec le Patriarcat de Moscou. Néanmoins, ce projet de statuts n’est pas une finalité en soi mais un commencement. [...]
et son approche vers une "Métropole de tradition russe" en Europe Occidentale
Basile de Tiesenhausen
PREAMBULE
Votre Excellence, mes Pères, Mesdames et Messieurs, chers amis,
L'exposé comporte les grandes lignes suivantes:
Moine Sabbas (Toutounov)
Avant d’aborder la partie principale de mon exposé, il me semble nécessaire de souligner à nouveau ce qui a été développé par l’orateur précédent. Si on part de l’idée que le document qui vous est présenté est un document finalisé, alors il faut admettre qu’il ne présente qu’une perspective très réduite, à savoir une fusion de l’Archevêché des paroisses russes en Europe Occidentale (Exarchat du Patriarche de Constantinople) et des paroisses de l’Église Orthodoxe Russe du Patriarcat de Moscou existant déjà en Europe Occidentale (art. 1, 5, 13). Soulignons également, à la suite du précédent orateur, que ce document est, en grande partie, une reprise des Statuts de l’Archevêché-Exarchat. Aussi:
Communication lors de la troisième Table Ronde de l’OLTR
Pères, Mesdames et messieurs,
On n’a pas besoin de nous dire que l’Orthodoxie en Europe Occidentale est dans un état déplorable. La preuve en est malheureusement dans cette réunion même. Elle a lieu (pour autant que je sache) sans la bénédiction d’un évêque qui a une responsabilité pastorale dans ce pays, et contredit, par conséquent, les normes les plus élémentaires de la vie de l’Eglise orthodoxe.
Ci-après - la saisie de l’enregistrement des discussions qui ont suivi les exposés lors de la Table Ronde.
Les débats étaient modérés par Victor Loupan.
Le conseil de l’Archevêché des paroisses russes en Europe occidentale a récemment publié une déclaration, et l’OLTR a souhaité réagir à ce document.
Hormis quelques accusations qui nous apparaissent être sans fondement, la déclaration comporte une suite d’affirmations, faites en termes généraux, qui énoncent des vérités, le plus souvent incontestables et admises par tout le monde. Une étude attentive du texte révèle cependant qu’à partir de ces vérités, sont suggérées des thèses beaucoup moins fondées, et c'est sur ces thèses très contestables que le conseil de l’Archevêché semble asseoir ses options
Ainsi, après avoir affirme que l'Archevêché ne se considère plus comme appartenant à une diaspora, la déclaration poursuit à son sujet : « Érigé en diocèse canonique » sans plus de précision. Or il est justement très important de savoir qui a « érigé » ce diocèse et de qui il tire sa canonicité. Est-ce de lui-même ? Est-ce de l’Église de Constantinople ? Est-ce de l’Église russe ? Il est bien évident que c’est cette dernière hypothèse qui est la bonne car un diocèse ne peut se créer lui-même, et Constantinople n’a fait que l’accueillir provisoirement, selon des statuts variables dans le temps, pour lui assurer cette canonicité au temps de l’esclavage de l’Église russe.
Des événements regrettables et des polémiques vaines se font jour actuellement parmi les orthodoxes appartenant à des juridictions issues de l'Église russe. Ils vont à l'opposé des objectifs de l'OLTR qui, selon ses statuts et pour le rappeler une fois de plus, sont :
Contribuer à l'édification d'une Église Orthodoxe locale en Europe de l'Ouest strictement conforme aux règles de l'Église (canons)
Elle souhaite donc l'émergence d'une Église locale qui unirait des diocèses territoriaux selon le principe fondamental : un évêque en un lieu.
Oeuvrer pour le maintien dans cette Église locale d'une composante de tradition russe, unifiée.
L'OLTR considère en effet que la future Église locale n'existera que si elle regroupe en son sein toutes les traditions (grecque, roumaine, serbe…) que l'histoire a rendu présentes en Europe occidentale et qui sont toutes également respectables et légitimes.
Comme première étape L'OLTR souhaite la ré-union des trois composantes issues de l'Église russe et qui se sont séparées au moment où celle-ci est tombée dans l'esclavage du pouvoir antireligieux.