Editorial de Février 2014 - Agressions contre l'Eglise

Le phénomène Femen et autres Pussy riot

Il y a quelque temps, de jeunes femmes encagoulées se sont précipitées sur l’ambon de la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou et ont commencé à danser en parodiant une prière à la Mère de Dieu et lui demandant de les débarrasser de Poutine. Ce blasphème a été douloureusement ressenti par les chrétiens de Russie. Il y eut même une polémique, car certains réclamaient une sanction sévère de ces actes et d’autres appelaient à la clémence.

Dans sa réaction officielle, l’Eglise rappela qu’elle n’avait aucune compétence pour sanctionner de tels comportements, mais elle demandait la protection de l’état contre ces agissements, car elle se souvenait que, naguère, elle avait subi de la part de ce même état des attaques bien pires encore. On sait que deux ou trois de ces jeunes femmes furent condamnées à la réclusion pour deux ans.

 

En Europe, ces péripéties déclenchèrent des réactions très négatives vis à vis de la Russie. Les média ne retinrent que les paroles anti-Poutine de la chanson et condamnèrent une « répression politique ». Même parmi les orthodoxes, il se trouva un certain nombre de personnes pour condamner fermement l’Eglise russe à cette occasion. Peut-être cette réaction étonnante est-elle dûe à une forte hostilité préexistante envers l’Eglise russe. Ou alors, l'animosité contre Poutine est-elle tellement exacerbée, que toute manifestation contre lui excuse les moyens, même les plus sacrilèges.

Mais plus près de nous, des évènements semblables ont eu lieu. Peu avant Noël, à l’église de la Madeleine à Paris, de jeunes femmes en tenues indécentes ont blasphémé de façon particulièrement abjecte. Elles ont mimé l’avortement du Christ. Les chrétiens ne peuvent rester indifférents à de pareils actes. Les pouvoirs publics, toujours si prompts à défendre les synagogues et les mosquées, n’ont, cette fois, pas réagi du tout, sinon plusieurs jours après ces faits, quand on leur fit remarquer leur (scandaleux) silence. Ici, pas de camouflage en action politique. C’est bien l’Eglise qui est visée.

 

Dans nos sociétés sécularisées, être libéré de l’influence de l’Eglise, depuis longtemps rejetée dans la sphère privée, ne suffit plus. En s’abritant derrière de grands principes, laïcité, droit de l’homme, égalité des sexes, on essaye de brouiller les notions-mêmes du bien et du mal et de rejeter les valeurs de l’Evangile que nos sociétés, même sécularisées, gardaient, encore, comme modèle.

A cet égard, l’absence de réaction des dirigeants européens aux actions des Femen est significative. Les autorités en France, dans d’autres pays voisins et à Bruxelles, veulent pousser la société dans le même sens (mariage homo, théorie du genre, banalisation totale de l’avortement, tendances à l’eugénisme, à l’euthanasie, etc.)

En Russie, pays qui a connu, pendant toute la période bolchevique, une tentative analogue de retournement les valeurs traditionnelles, le peuple comme les autorités cherchent simplement à retrouver des valeurs véritables, peut-être celle de l’évangile, d’où l’indignation face aux actions des Pussy riot et la condamnation de cette attitude par les Européens.

Il y a bien sûr des deux côtés des minorités agissantes qui luttent contre la « bien pensence » ambiante. Mais, l’Eglise ne peut, jamais, encourager ni approuver ceux qui emploieraient les mêmes moyens violents que ceux de leurs adversaires.

Car nous, chrétiens, nous ne devons jamais oublier que l’Eglise est dans le monde, sans être du monde, et qu’elle est celle du Christ. Il nous appartient d’en témoigner et de ne jamais désespérer.

Séraphin Rehbinder

Président de l'OLTR

Février 2014

 

 

 

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