Table ronde n°9 -- Receuil d'impressions

L’OLTR propose ce

Recueil d’impressions de la table ronde N°9 de l’OLTR

Nota : Il ne s’agit pas d’un compte-rendu officiel mais d’un texte publié sous la responsabilité de l’auteur et mis à la disposition du site de l’OLTR.

Le mercredi 6 juin 2012, dans les locaux de l’Institut St Serge se tenait la 9ème Table ronde organisée par l’OLTR, sous l’égide conjointe de l’Institut de Théologie Orthodoxe Saint-Serge à Paris, de l’Université Saint-Tikhon à Moscou et du Séminaire Orthodoxe russe de Epinay-sous-Sénart. Le thème de la table ronde était :

« Les Défis de l’Enseignement Religieux et Théologique dans l’orthodoxie russe »

Les intervenants étaient (dans l’ordre de leur présentation) :

  • Père Nicolas Cernokrak, doyen de l’Institut de Théologie Orthodoxe Saint-Serge de Paris
  • Père Alexandre Siniakov, recteur du Séminaire Orthodoxe russe en France
  • Père Vladimir Vorobiev, recteur de l’Université Saint-Tikhon de Moscou

Ainsi s’introduit le présent « recueil d’impressions » (il ne peut être qualifié de compte-rendu - qui plus est, officiel – car il serait exigé une tout autre rigueur dans la restitution fidèle du déroulement de l’événement) que je propose de partager au sujet de cette soirée.

 

La table ronde s’est, donc, déroulée à l’Institut Saint Serge en la présence de Mgr Gabriel de Comane qui a béni l’assemblée quand il fut chanté le « Ispola » après les prières de début et de fin. Il faut admettre que le public n’était pas très nombreux (peut-être 30 personnes) mais nous lirons que cela n’a rien enlevé à la très haute teneur de cette table ronde. Après une très courte présentation du président de l’OLTR, Séraphin Rehbinder, la table ronde a alors commencé.

Le père Nicolas Cernokrak a indiqué en quelques phrases (le temps était « compté ») les grands « travaux » de l’Institut de Théologie Orthodoxe (ITO) en pointant particulièrement sur les études de la théologie patristique, liturgique et biblique. Et, bien que cet exercice soit toujours délicat de crainte d’oublier des noms (crainte qui m’habite ici), il a cité plusieurs des théologiens qui ont fait la renommée de l’Institut Saint Serge. Il a très bien expliqué que bien que l’ITO ne contient volontairement pas l’adjectif « russe » - j’évoque ce sujet par rapport au thème de la TR9 – et est une faculté de théologie qui a « dépassé » cette dimension mais a puisé nombre de ses sources dans cette tradition russe qui était à son origine ; jusque dans le modèle des instituts de théologie en Russie et dans les méthodes pédagogiques qui y étaient pratiquées et qui ont inspiré l’institut à sa création et qui se ressent, encore, aujourd’hui.

Le père Alexandre Siniakov a remarquablement su faire la différentiation entre ce qu’était un institut de théologie (dont le domaine est bien plus vaste ; rappelant son passage à l’ITO) et un séminaire. Pour cela, il a détaillé les objectifs (former des clercs pour une activité pastorale), la qualité recherchée pour atteindre cet objectif et les moyens mis en œuvre. Pour illustrer son propos, il a été fait la comparaison entre un institut d’enseignement supérieur et une école plus « technique ». Pour la bonne formation des clercs, il a évoqué l’indispensable pratique du typicon et de la liturgie quotidienne.

Vient ensuite la conférence très intense (pour ne pas l’oublier dans la suite : Merci à Nikita Krivochéine pour son remarquable travail d’interprète) du père Vladimir Vorobiev. Dans une approche sincère, sans aucune concession ni, à l’inverse, aucun idéalisme, il aborde le sujet qui lui est demandé de traiter. Il évoque aussi bien les immenses défis qui se posent à l’enseignement religieux en Russie. Il insiste sur l’immense liberté dont l’Eglise russe a la jouissance, aujourd’hui, et dont elle n’a jamais disposé auparavant, pas même avant la révolution. Il évoque la demande très importante à laquelle il faut faire face et cite la faiblesse du corps enseignant pour fournir un enseignement de qualité. En toute transparence, il évoque les innombrables difficultés auxquelles celui-ci est confronté. Il attire l’attention sur le fait que si le pouvoir central semble bien ouvert à la préoccupation d’un enseignement orthodoxe, les embûches d’un corps de fonctionnaires très profondément athée et donc peu sensible à cette préoccupation et les moyens (y compris le budget) ne sont pas de nature à faciliter cette présence de l’enseignement orthodoxe et même religieux. Il a eu cette phrase presque humoristique : « Poutine a dit vouloir nous soutenir mais il n’a pas indiqué avec quelles moyens ». C’est peu de dire tout l’intérêt d’une telle conférence qui vient battre les allégations d’une Eglise soumise à l’Etat russe qui voudrait en tirer profit.

Le débat. S’ensuit un débat dans la salle avec des interventions et des questions d’un grand intérêt :

  • Père Stéphane Headley pour insister sur l’intensité de la prière qu’il a observé en visitant l’institut Saint Tikhon,
  • Père Nicolas Ozoline pour évoquer les normes d’enseignements,
  • Deux intervenants à qui je demande pardon car je n’ai pas entendu, ni le nom, ni le titre :
    - Un prêtre au premier rang pour évoquer la problématique des manuels,
    - Un jeune français – qui a insisté, dans son introduction, pour se présenter ainsi - qui a rappelé l’immense difficulté de l’enseignement religieux dans une France laïque à outrance.

Tout naturellement, je me devais de restituer avec la meilleure attention le message délivré par Mgr Gabriel de Comane qui a dit sa joie d‘assister pour la deuxième fois à une table ronde de l’OLTR (Séraphin Rehbinder, le président de l’OLTR, les pères Nicolas, Alexandre et Vladimir avaient remercié, chacun dans leur introduction, Mgr Gabriel de sa présence), qui a insisté sur l’immense défi que doit relever l’orthodoxie russe pour assurer cet enseignement alors que « le diable a voulu priver la Russie de l’Eglise orthodoxe » (Note personnel: l’expression est entre guillemets car elle reflète bien le sens du propos de Mgr Gabriel mais je veux prévenir que j’ai pu ne pas reproduire exactement les mots employés). Mgr Gabriel a voulu s’adresser au père Alexandre Siniakov (qui s’était excusé auprès du président et n’a pu, malheureusement, rester jusqu’à ce moment) pour lui demander quelles formes étaient envisageables pour intensifier la collaboration entre l’Institut Saint Serge et le séminaire. On peut être certain que si il n’a pas pu être répondu, en séance, à cette question, elle sera retransmise et, je n’ai pas de doute sur ce point, une réponse avec des propositions concrètes ne devraient pas tarder.
Autre note personnelle : je veux exprimer ma joie de voir ces volontés de rapprochement s’exprimer toujours plus fréquemment et je suis légitimement, dans l’espoir, que ces relations seront, chaque jour, plus intenses. Même si elles sont plutôt discrètes, on sait que des coopérations concrètes sont déjà bien établies.

TR9 - Photo

Pour conclure, je veux dire ma très bonne impression de cette table ronde qui a été vraiment réussie, tant par la qualité des intervenants, les contributions très intéressantes et le débat de très haute qualité. On ne peut même pas déplorer que le timing fut largement dépassé. Sans périphrases inutiles, si on peut regretter un public pas très nombreux, nous pouvons raisonnablement témoigner que les personnes présentes ont beaucoup apprécié cette soirée et pourront vraiment partager l’intérêt d’une telle table ronde. Mon très grand enthousiasme (que le lecteur aura certainement perçu) quant à cette table ronde n°9 de l’OLTR n’en garantit pas, pour autant, une restitution fidèle et c’est pourquoi je préfère parler d’un « recueil d’impression ».

Gueorguy

Catégorie : Table ronde N°9

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